Le 30 avril 2008, par Olivier Ray, Pierre Jacquet,
Si l’idée d’une fiscalité mondiale n’est pas nouvelle , la prise de conscience des interdépendances croissantes au sein de la communauté internationale a conduit au cours de la dernière décennie à un regain d’intérêt pour des projets de taxation internationale destinés à financer de grandes causes globales. A la mobilisation d’organisations de la société civile (le plaidoyer d’ATTAC en faveur d’une "taxe Tobin", la Halifax Initative aux Etats-Unis ou la War on Want en Grande Bretagne) ont répondu des initiatives gouvernementales concrètes (notamment la taxe sur les billets d’avions initiée par Jacques Chirac en 2006), relayées par certaines organisations internationales. Le choix d’affecter une part importante des recettes de la taxe sur les billets d’avion à l’organisme UNITAID en est l’illustration : l’émergence de la fiscalité mondiale dans l’agenda international rencontre celle de la problématique des "biens publics mondiaux" (BPM). Nous ne sommes qu’au début des réflexions sur la fiscalité internationale comme outil de financement des BPM. Si elle peut en constituer un élément structurant, celle-ci ne saurait cependant épuiser le besoin d’action collective internationale, seule à même de résoudre la tragédie des communs qui menace la prospérité et dans laquelle les générations à venir se sont vu attribuer le rôle de victimes.